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Bruno Barbey

Photographe invité au festival Planche(s) Contact en 2015

© Bruno Barbey
© Sandrine Boyer Engel

Deauville : 1966-2015, Une allure folle

En août 1966, Bruno Barbey est en reportage à Deauville pour Vogue. Quinze images de ce reportage, en grande partie oublié, sont le point de départ d'un retour sur Deauville, 50 ans après. Un retour sur les lieux pour porter un nouveau regard en quinze nouvelles images, sur un Deauville qui n'est plus le même par un photographe qui reste lui-même.

Cette mise en perspective était présentée simultanément à la grande rétrospective Bruno Barbey, en octobre 2015 par la MEP (Maison Européenne de la Photographie) à Paris.

Lorsque Bruno Barbey arrive en 1966, Deauville, encore sous les feux des projecteurs, se révèle désormais sous un nouveau visage. Quelques mois auparavant, le film Un homme et une femme de Claude Lelouch remporte la Palme d'or du festival de Cannes. Bruno Barbey parcourt et restitue les rituels de l'été 1966. Il arpente la plage et les Planches, assiste aux courses, photographie les propriétaires, les joueurs et les jockeys. Il photographie aussi la finale du tournoi de Polo, où il observe à distance les conversations complices de Jean-Claude Brialy, Régine et Marie Bell, ou celles de Maurice Chevalier avec Lucien Barrière. Il restitue l'ambiance de La Nuit de la fourrure dans un casino festif et élégant, se mêle à ses confrères britanniques pour l'arrivée, sur l'aéroport de Deauville, du Prince Philip d'Edimbourg, avant d'assister aux ventes de yearlings.

Avec cette même curiosité, affutée par 50 ans de reportages, Bruno Barbey revient saisir le Deauville du printemps et de l'été 2015. Pour Planche(s) Contact 2015, Bruno Barbey a exposé ce projet singulier illustrant 50 ans de pratique photographique. Planche(s) Contact poursuit ainsi sa coopération Magnum Photos, amorcée les années précédentes avec l'accueil de Lise Sarfati (2010) puis d'Harry Gruyaert (2013).

Bruno Barbey est né au Maroc. Il a étudié la photographie à l'Ecole des Arts et Métiers de Vevey, en Suisse. De 1961 à 1964, il photographie les Italiens avec l'idée de capter l'esprit d'une nation et de dresser par l'image le portrait d'une nation. Dans les années 60, les « Editions Rencontres » lui commandent une série de livres sur les pays Européens et Africains. A cette époque, il collabore régulièrement au magazine Vogue. En 1964, il rentre à l'agence magnum Photos, dont il devient membre en 1968. Cette année-là, il couvre les manifestations de mai 1968 à Paris, ainsi qu'à Tokyo. Dix ans plus tard, entre 1979 et 1981, il photographie la Pologne à un tournant de son histoire et publie son travail dans un livre mondialement diffusé. Il a été vice-président de Magnum pour l'Europe en 1978 et 1979 et président de Magnum International de 1992 à 1995.

Pendant 50 ans Bruno Barbey a couvert de nombreux conflits dans le monde. Bien qu'il ne soit pas à proprement parler un « photographe de guerre », il a couvert la guerre au Nigéria, au Vietnam, au Moyen-Orient, au Bangladesh, au Cambodge, en Irlande du Nord, en Irak et au Koweït.

Bruno Barbey est connu pour son usage particulièrement libre et harmonieux de la couleur. Il a beaucoup photographié le Maroc, pays de son enfance. En 1999, le Musée du Petit Palais à Paris a organisé une grande exposition de ses photos, réalisées sur une période de trente ans. Il a reçu de nombreux prix pour son travail, dont « l'Ordre du mérite ». Ses photos sont exposées partout dans le monde et font parties de nombreuses collections de Musées, notamment celles du Centre George Pompidou, de la Bibliothèque Nationale de Paris, de l'Institut du Monde Arabe, du Tokyo Metropolitan Museum of Photography, de l'Istanbul Modern et du Museum of Art de Seoul. Son travail a été publié dans les plus grands magazines internationaux tels que Life, Time, National Geographic, Stern, Paris Match ou The London Sunday Times.

Expositions 2015

Deauville 1966-2015 : « Une allure folle », Deauville, France.
Morocco : A Scorching Beauty, The Empty Quarter Gallery, Jeddah, Saudi Arabia.
China since 1973, F11 Photographic Museum, Hong Kong.
Passages. Rétrospective, Maison européenne de la photographie, Paris, France.

En parallèle à l'exposition de Bruno Barbey à Planche(s) Contact, la Maison Européenne de la Photographie à Paris présente l'exposition "Bruno Barbey, Passages", du 12 novembre 2015 au 17 janvier 2016.

Thierry Grillet, membre du jury 2015 et directeur de l'action culturelle de la B.n.F. à propos de Deauville : 1966-2015, Une allure folle

"Bruno Barbey avait 25 ans à Deauville en 1966. Cinquante ans après Planche(s) Contact lui offre la possibilité de revenir. en remettant ses pas de photographe mondialement reconnu dans ceux de l'inconnu qu'il était alors, il fait un tour sur lui-même. Les photos datent et les choses et le regard. Aussi toutes ces photos sont-elles d'abord l'histoire de ce regard, qui voit et se surprend dans le miroir, à cinquante ans de distance. Mais elles prennent date aussi avec Deauville. Car ce reportage interroge la concordance des temps. Deauville est-elle demeurée la même ? Est-ce cette essence qui traverse la durée, inaltérable avec ses courses, sa plage, son casino ? Ou bien est-elle cette substance qui s'altère, se corrompt et se renouvelle ? De ce tourniquet dialectique, Bruno Barbey sort en donnant à voir beaucoup de permanences, et un peu de nouveautés. Signe que cet oeil sait distinguer entre les changements profonds et les autres. 
Qu'est-ce qui a changé dans la ville ? D'abord la condition des corps : au culte de l'élégance s'est ajouté le culte de la performance - avec ces images de milliers d'athlètes du triathlon. Robes et costumes contre combinaisons en néoprène. Ensuite, l'irruption d'un monde nouveau : voici l'Asie, séduisante, qui se promène aux courses, sur les planches et dans les soirées... Deauville s'est, à sa manière, mondialisée. Toutefois, au-delà du coup d'oeil documentaire, ces clichés ont une autre dimension, celle d'une médiation dans le temps. Qui mieux d'ailleurs qu'un photographe, maître de l'instant et de la durée, pouvait ainsi, pouvait ainsi mieux que quiconque mesurer le temps qui passe ? La photographie ne peut s'en défendre. Elle est par nature nostaligique et ne cesse, en enregistrant la fugace, de nourir la recherche du temps perdu...
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