Isabelle Chapuis

Photographe invitée au festival Planche(s) Contact en 2018

© Isabelle Chapuis, pour Planche(s) Contact 2018, Deauville
© Isabelle Chapuis, pour Planche(s) Contact 2018, Deauville

Anitya

Isabelle Chapuis est diplômée de l’ESAG-Penninghen en arts graphiques (2005). Tandis qu’elle optait résolument pour la photographie, son regard s’est orienté vers des créations conjuguant l’art et la mode. De retour à Paris après 2 ans de voyages en Asie et au Moyen Orient,  Isabelle Chapuis remporte en 2010 le Prix Picto pour la Photographie de Mode. 

En 2012, sa série Barbapapa, primée par la Bourse du Talent Mode, est exposée à la Bibliothèque nationale de France François Mitterrand qui l’intègre dans son fonds photographique. Elle commence alors à collaborer avec différents magazines, tels que Le Monde Magazine, Citizen K, Paulette, OOB, etc. 

Depuis décembre 2016, sa série Rituels est entrée dans la collection permanente du Grand Musée du Parfum à Paris.

A propos de l'exposition d'Isabelle Chapuis, Anitya
Tandis que de nombreuses rives se dénudent de leur couverture de sable, denrée devenue rare, les vagues de Deauville, elles, ramènent ce manteau sur le rivage, faisant croître jour après jour la plage emblématique de cette ville balnéaire. Ce sable en devient une icône. Sa couleur, lorsqu'il est humide, caractéristique, est même utilisée comme référence chromatique en teintes Chanel ou Pantone. 
Isabelle Chapuis porte son regard sur ce sable, éternel voyageur et symbole de tous les possibles...
De l'infiniment grand à l'infiniment petit, il évoque l'individualité humaine ; tous semblables, mais tous uniques. En ses amas, il devient abondance ; en sa légèreté il coule, fluide, sur la peau telle une pluie insasissable ; purificateur, il est abrasif comme le feu. 

La peau et le sable. 

Isabelle Chapuis les rapproche. L'un seuil du corps physique, l'autre lisière entre terre et mer, ils se répondent en métaphores. Ces deux frontières deviennent alors zones de contact, de rencontres, dialogues éphémères et sensuels que la photographe capture. 
Isabelle Chapuis nous livre ainsi sa vision du temps, cyclique et en spirale, loin d'un rapport linéaire. Il est mouvant. Ces cycles invoquent le mythe du Phénix : éclosion, transformation, passage, dissolution puis renaissance. 
Tour à tour atour magique du marchand de sable aux yeux de l'enfance, matière de l'alchimiste, instrument de création des bâtisseurs d'utopie et de leurs châteaux, s'écroulant dans l'étroit passage du sablier franc-maçonnique, ils est métaphore du chemin de l'état de profane à celui d'initié... Le sable porte en lui la promesse d'un changement, impermanent il image un horozon sans fin. Résister par Anitya, l'impermanence en sanskrit, est selon le bouddhisme cause de souffrance. 
Narration poétique marquée d'une absence de rapport au temps, donnant au sable un goût d'éternité.