Emma Charrin

Photographe invitée au festival Planche(s) Contact en 2017

There Is A Light That Never Goes Out ©Emma Charrin, pour Planche(s) Contact 2017, Deauville
There Is A Light That Never Goes Out ©Emma Charrin, pour Planche(s) Contact 2017, Deauville

There Is A Light That Never Goes Out

Emma Charrin est une photographe plasticienne née en 1987 à Avignon. Depuis plusieurs années, la pratique photographique d’Emma Charrin est caractérisée par une fascination pour le spectacle. Ce désir de théâtre, de simulacre, de jeu, a d’abord pris la forme de mises en scènes narratives et cinématographiques dès ses premiers travaux, puis s’est peu à peu resserré vers une recherche autour de la notion de décor et du potentiel narratif que celui-ci induit.

Inspirée par l’histoire et l’imagerie de Deauville, et dans la continuité de ses travaux précédents, Emma Charrin interroge l'irruption de la fiction dans la réalité à travers notre rapport à l‘espace.

Youness Anzane, dramaturge, à propos de l'exposition d'Emma Charrin, There Is A Light That Never Goes Out : 
"Des regards absents aux nôtres, car les corps sont tournés ou bien étêtés, fixent un ailleurs. Vers quel horizon masqué ? Ils attendent ou bien écoutent. 
Le bruit des vagues résonne partout dans There Is A Light That Never Goes Out. C'est le seul bruit possible. Emma Charrin capte la vie nocturne, celle des rêves, des rencontres improbables. Confusion des matières, incongruité des tons (l'oeil vert derrière un drapé) et des attitudes (le visage encastré dans le tissu d'une tente), abstractions circonstencielles (les surfaces bleues, fantômes d'un spa ou d'une chapelle), tout cela ensemble relève d'un monde des franges, de ce qu'on néglige en passant, ou en se couchant tôt. L'ombre d'elle-même, Deauville est réduite ici à ses fantasmes de stucs et d'embruns. 
La seule ligne d'horizon proposée par l'artiste éblouit, elle semble refuser de se laisser contempler, s'étale en nacres, tel un coquillage ouvert, en souffrance. La présence d'une balise seule rappelle l'humaine fragilité, comme une perle noire. Nous sommes peu de choses. 

Au fond de la mer turbide, gît l'esport d'une pêche miraculeuse, étincelante de joyaux de crustacés, dont les éclats rejaillissent sur la ville, agitant ses paupières de belle endormie. Ce qui nous obsède, c'est l'hybridation, c'est la lumière dans ses artificialités, l'incarnat d'une peau rehaussée d'algues brunes, inscrustations, transformations. La cité d'Emma Charrin est un casino englouti en une boîte de verre, la vie est un théâtre."