ESCAPADE IMPRESSIONNISTE EN TROIS ETAPES

De la plage de Deauville, face à la mer, on embrasse du regard un espace où le ciel et la mer se reflètent. À droite : Sainte-Adresse et Le Havre, puis Honfleur, les falaises de Villerville, l’embouchure de la Touques et Trouville… À gauche : Villers, Les Vaches noires, et Houlgate. Cet espace fut le berceau de l’impressionnisme. A l'occasion du Festival Normandie Impressionniste, nous vous proposons un parcours en trois étapes. Profitez de votre escapade pour voir plus loin : festivals et expositions sont au programme de l'été deauvillais.

Eugène Boudin - la plage de Deauville©Musée des Beaux Arts de Caen, Martine Seyve, photographe
@Naïade Plante

1 - DANS LES PAS D'EUGENE BOUDIN

Né le 12 juillet 1824 à Honfleur, Eugène Boudin, précurseur de l’impressionnisme,  passe sa jeunesse au Havre puis séjourne à partir de 1864, tous les étés à Trouville-sur-Mer et Deauville. Il transcrit les scènes de la vie balnéaire, des élégantes à l’effervescence des marchés, des paysages augerons aux ports. Peintre des ciels, il s’attache dans ses toiles, à transcrire la fugacité de la lumière, les ciels changeants, la matière des nuages et l’inconstance de la mer.  A Deauville, Eugène Boudin  est séduit par la vue que l’on a de la plage de Deauville, depuis la jetée. Il s’y installe régulièrement avec son chevalet et décline cette même vue de la plage, avec le même cadrage  sous des lumières différentes.
En 1884, il fait construire sa maison à Deauville, la Villa Les Ajoncs - une petite cage hollandaise  - aujourd’hui rebaptisée La Breloque, au 8 de la rue Olliffe - où il passera les quatorze dernières années de sa vie, C’est dans cette maison qu’il meurt le 8 août 1898.
Eugène Boudin a réalisé plus d’une centaine de toiles et de gouaches à Deauville. Depuis 1998, une  plaque est apposée sur la façade de la maison où il vécut. En août 2010, une plaque a également été posée sur la digue de Port Deauville. Elle reproduit le tableau « La plage de Deauville » (1893), qui appartient au Musée des Beaux-Arts de Caen.

 

 

LE PANTHEON D'UNE EPOQUE

Portraitiste incontournable de la société du tournant du XIXe et de la première moitié du XXe siècle J.É. Blanche côtoie les plus grandes figures de son temps, tant à Paris qu’en Normandie.
Il séjourne pour la première fois sur la Côte Fleurie durant l’été 1891 à  Trouville-sur-Mer au Manoir des Frémonts. Il y fait la connaissance d’un jeune étudiant en droit, Marcel Proust. Séduits par cette villégiature, Rose et Jacques-Émile Blanche reviennent de 1896 à 1901 au château de Tout-la-Ville entre Deauville et Pont-L’Évêque, où ils reçoivent le Tout Paris littéraire, politique et artistique. Le peintre Paul Helleu – dont il réalise le portrait de son fils Jean - ou André Gide y séjournent entre autres invités.

 

En 1902, il acquiert une grande propriété à Offranville (Seine-Maritime) baptisée le manoir du Tôt où il réside tous les étés jusqu’à sa mort. Si Stravinsky, Cocteau, ou Anna de Noailles - dont il réalise les portraits - écrivent l’histoire des arts avec un « H », ils écrivent aussi l’histoire de Deauville, alors en plein essor.
Le style de Jacques-Émile Blanche, tout à la fois vivant et d’un grand raffinement, emprunte à des sources d’inspiration tant britannique que française. Maurice Denis décrit les portraits de Blanche comme « un ensemble précieux pour les historiens de l’avenir ; cette galerie est le Panthéon d’une époque ».

3 - AUX BAINS, LES FEMMES IMPRESSIONNISTES

En sortant du Point de vue, rendez-vous Place Claude Lelouch. Dans la cour des Bains Pompéïens à laquelle vous accéderez par le bureau des Bains de mer, découvrez des portraits de femmes impressionnistes.
Une exposition hommage à Berthe Morisot, à Marie Cassat... en plein air qui rassemble des portraits dessinés par Simonne L'Hermitte, en les rendant vivantes et actuelles.
Ces portraits originaux ont été photographiés, travaillés. Ils sont reproduits en grand format, accompagnés de quelques éléments biographiques et d'une reproduction d'un tableau de l'artiste représentée, pour restituer et mesurer la part féminine de l'aventure impressionniste.