Françoise Huguier

Photographe invitée au festival Planche(s) Contact en 2017

C'est pas logique, mais c'est normal ©Françoise Huguier, pour Planche(s) Contact 2017
C'est pas logique, mais c'est normal ©Françoise Huguier, pour Planche(s) Contact 2017

C'est pas logique mais c'est normal

Françoise Huguier traverse l’Afrique d’Est en Ouest sur les traces de Michel Leiris en 1988. En 1992, elle découvre les photographes maliens Seydou Keita et Malick Sidibé et crée en 1994 la première Biennale de la photographie africaine à Bamako.
L’aventure de la mode, backstage et dans les ateliers pendant 25 ans, lui vaut des parutions dès 1983 dans Libération, puis Vogue, The New York Times magazine, ID Women’s wear, Marie Claire…
De 2001 à 2007, elle photographie les appartements communautaires à Saint-Pétersbourg. Un livre sur ce travail intitulé Kommunalki sort chez Actes Sud en 2008. Puis un film en huis clos : Kommunalka (production Les films d’Ici, présenté à Cannes en 2008) et une exposition homonyme aux Rencontres d’Arles en cette même année.
En 2014 une exposition monographique lui est consacrée à la Maison européenne de la photographie, Pince moi je rêve. Elle publie la même année son autobiographie : Au doigt et à l’œil – Portrait d’une photographe – Sabine Wespieser Editeur.

Françoise Hugier à propos de son exposition, C'est pas logique mais c'est normal
"Depuis 2010, le Festival Planche(s) Contact décline la thématique de Deauville, j'ai donc proposé de photographier dans les logements sociaux, dans la lignée de mes recherches autour de Paris pour la société du Grand Paris. C'est à dire rencontrer pendant une journée une famille, l'écouter et la photographier dans son environnement intérieur. Grâce au centre communal d'action social et aux équipes de la Mairie, j'ai pu photographier quatre familles, dans quatre appartements. Cela m'intéressait d'autant plus qu'on était en pleine période d'élections, présidentielles et législatives, et qu'aucun candidat ne parlait vraiment de cette population, qui est toujours l'abandonnée. 

L'important est de gagner la confiance avant les prises de vue. D'abord dans une conversation à bâtons rompus, je questionne les habitants sur leur vie, leur famille... Moi aussi je me livre, c'est un échange. Pendant que je parle, je regarde partout, pour anticiper ce que je vais cadrer, prendre en photo. Au bout de quelque temps, les femmes me proposent de visiter leur appartement, et me racontent leurs difficultés, leurs joies, leurs luttes. Quand je faisais des portraits de réalisateurs pour Libération, j'assistais à l'interview, ce qui me permettait de connaître la gestuelle du personnage et d'imaginer la photo. Je pratique de la même manière aujourd'hui, sauf que je fais aussi les "interviews". Ensuite, ça devient un jeu entre la personne que je photographie, et moi. Je propose une situation, elle m'en suggère une autre, c'est une collaboration. 

J'ai envie de continuer cette recherche photographique pour aller au-delà des clichés sur Deauville, en montrer une autre facette. Peut-être aussi avec un documentaire, comme je l'ai fait sur les appartements communautaires de Saint-Pétersbourg."