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Wang Lin

Photographe invitée au festival Planche(s) Contact en 2015

© Wang Lin
© Sandrine Boyer Engel

Double Entendre

Ex-hôtesse de l'air aujourd'hui centrée sur son travail photographique, Wang Lin poursuit à Deauville une quête identitaire commencée il y a plusieurs années. Entre panoramas frontaux, presque documentaires, et mises en scènes conceptuelles et poétiques, Wang Lin apporte un regard nouveau sur l'aéroport Deauville Normandie.

Née en 1973 à Tianjin, Wang Lin rejoint Hainan Airline comme hôtesse de l'air en 1992, à l'âge de 19 ans. Dix ans après, elle démissionne pour s'inscrire à l'Académie des Beaux-Arts de Pékin afin d'étudier la photographie. Diplômée en 2005, elle rejoint Okay Airline, qui lui a permis durant cinq ans de concilier ses deux passions, voler et photographier. Sa série documentaire de la vie des hôtesses de l'air commence à être exposée et suscite énormément d'attention sur les sites Internet. Cet enthousiasme conduit à son licenciement par son employeur et à un procès, qu'elle perdra.

Aujourd'hui, Wang Lin se consacre entièrement à la création photographique. Son travail demeure autobiographique. Centrée sur son identité de personnel naviguant, Wang Lin se raconte à travers une série d'autoportraits dans des paysages imaginaires. Ses nouvelles recherches la mettent en scène en hôtesse de l'air somnambule dans un aéroport abandonné de Tianjin, sa ville natale, comme une métaphore de la Chine moderne rattrapée par le virus de la construction et de la rénovation.

Dans la veine de cette quête identitaire et personnelle, elle a souhaité continuer à Deauville le travail commencé à Tianjin et dans sa série « Stray Tulips » en se rendant sur le site de l'aéroport Deauville-Normandie. Là, entre vues frontales presque documentaires et mises en scènes conceptuelles, elle a apporté sa sensibilité de femme photographe et ex-hôtesse de l'air et continué son travail autoportraitiste pour rendre une version inédite de l'aérogare Deauvillaise.

Jean Loh, commissaire de l'exposition à propos de l'exposition Double Entendre de Wang Lin : 
"Prononcé avec un léger accent anglais sur les planches de Deauville, le titre "Double entendre", tiré du travail de Wang Lin, ajoute au décalage visuel déjà flagrant une touche d'exotisme, dès lors que l'on découvre que ces photographies sont prises par une ancienne hôtesse de l'air chinoise. 
Prenant avantage de l'aéroport de Deauville, Wang Lin retrouve son tarmac familier pour entamer un nouveau volet de son travail autobiographique. Comme un ange déchu qui ne peut plus voler, Wang Lin joue le jeu de "
ça a existé" si cher à Roland Barthes : "Je suis là et je ne suis plus là". Entre la piste d'atterissage et la plage, entre ciel et mer, entre le marin et l'aérien, avec délicatesse et sensibilité, Wang Lin exprime son déchirement entre la pesanteur et la liberté."