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Corinne Mercadier

Photographe invitée au festival Planche(s) Contact en 2015

© Corinne Mercadier
© Sandrine Boyer Engel

Le ciel commence ici

Finaliste en 2013 du Prix de photographie de l'Académie des Beaux-Arts, Corinne Mercadier s'inscrit dans la tradition de la photographie plasticienne. Dans le cadre de Planche(s) Contact, elle poursuit, à Deauville, sa série Le ciel commence ici, initiée en 2013. Des mises en scènes photographiées de jour puis retravaillées dans des ambiances nocturnes avec danseurs et objets, sur les toits-terrasses des grands établissements du front de mer (toits du Casino, de l'Hôtel Normandy, de la piscine olympique en forme de coquillage et des bains pompéiens). Autant de décors inédits et méconnus qui se révèlent pour des mises en scènes singulières.

« Le ciel commence ici est une série qui, à l'état de projet en 2013, a été finaliste du Prix de l'Académie des Beaux-Arts. L'Observatoire de Paris et le Château de Saint Germain-en-Laye ont déjà été le théâtre de réalisations en 2014. Les lieux qui accueillent ces prises de vues, qu'ils soient dédiés à l'art, à la culture ou aux loisirs, forment une exceptionnelle constellation. L'architecture lie le temps et l'espace terrestres à l'inconnu qui la surplombe. […] Il s'agit de considérer le sommet des bâtiments comme un espace privilégié, pour mettre en relation la ville, la mer et le ciel de façon unique, se poster au « point sublime » invisible, habituellement, du panorama ».
Corinne Mercadier

L'oeuvre photographique de Corinne Mercadier est liée jusqu'en 2008 au Polaroïd SX70. A partir de ces clichés, elle réalise des tirages agrandis de différents formats. Les séries Paysages (1992) et Où commence le ciel ? (1995-1996) cernent le vide, l'horizon, et jouent avec la notion de point de vue et de cadre. A partir de 2000, elle fabrique des sculptures souples destinées à être lancées et photographiées dans les séries Une fois et pas plus (2000-2002), La Suite d'Arles (2003), Le Huit envolé (2006) et Longue Distance (2005-2007).

Cette année-là, l'arrêt de la fabrication de la pellicule Polaroïd SX70 pousse Corinne Mercadier à expérimenter divers médiums photographiques, et son choix se porte sur les outils numériques. Ils ont apporté des modifications fondamentales aux dispositifs de prises de vues et à l'esthétique de ses images. Les deux premières séries ainsi travaillées, Solo et Black Screen, seront présentées durant le Mois de La Photo à Paris, en 2012.

En 2014, le Musée Fotografiska de Stockholm lui consacre une rétrospective : « Wicked Gravity ». En 2013, elle est invitée par le Musée Réattu d'Arles à participer à l'exposition Nuage, et la Ville de Rennes montre sur la place de l'Hôtel de Ville une exposition rassemblant 40 photographies de 1992 à 2012.

Corinne Mercadier a exposé régulièrement depuis 1998 à la galerie Les Filles du Calvaire, (Paris) par laquelle elle est représentée. Ses photographies ont également été exposées à la galerie Alan Klotz à New-York en 2006 et 2008 ; au festival Fotofest à Houston au Texas ; à la FIAC et à Paris Photo (stand Les Filles du Calvaire) ; à la Primavera FotoGrafica de Barcelone ; à l'Arco de Madrid et à l'AIPAD de New-York.

En 2001, Corinne Mercadier reçoit le prix Altadis et est exposée à la galerie Durand-Dessert, de Paris, ainsi qu'à la Galerie Juana de Aizpuru de Madrid. En 2003, elle obtient une commande du Musée Réattu d'Arles et du Ministère de la Culture à l'occasion de laquelle elle réalise La Suite d'Arles.

Ses photographies sont présentes dans les collections de La Maison Européenne de la Photographie (Paris) ; du FNAC (Fonds National d'Art Contemporain de Paris) de La Bibliothèque Nationale (Paris) ; du FRAC d'Ile-de-France (Fonds régional d'Art Contemporain) ; de la Collection Polaroïd Corporation ; du Musée de l'Image d'Epinal ; du Musée Malraux du Havre et du Musée Réattu d'Arles.

Corinne Mercadier a publié la plupart de ses livres aux éditions Filigranes : Où commence le ciel ? (1996), Dreaming Journal (1999), Une monographie (2007), ainsi que son dernier ouvrage, Devant un Champ Obscur (2012). Ses oeuvres ont été acquises par les artothèques d'Angers, de Nantes, de Grenoble, de Villefranche-sur-Saône, par Le Château d'Eau, à Toulouse et par L'Imagerie de Lannion.

Corinne Mercadier à propos de son exposition Le ciel commence ici à Deauville : 
"A Deauville j'ouvre un nouveau chapitre de la série à laquelle je travaille actuellement, Le cielle commence ici, des mises en scène sur les toits de bâtiments remarquables. La Ville m'a ouvert en grand l'accès à ses toitures particulières et j'en ai concervé deux, en bord de mer, étranges et théâtrale : les "Bains pompéiens" et la piscine. 
Depuis les toits, l'architecture - l'espace humain par excellence - offre des points de vue exceptionnels sur ce qui entoure au sol, mais aussi sur l'espace non-construit, inquantifiable et fluide du ciel. 
Le ciel a une part importante dans l'histoire de mon travail. Les constellations, l'organisation symbolique des inquiétants espaces intersidéraux sont des sujets de rêverie qui nourrissent mes photographies et mes dessins depuis longtemps. 
Avec les repérages, la topographie des lieux et leur histoire m'amènent vers des visions qui se fixent peu à peu en scènes. Des personnages dansant et des objets prennent place. Je les dessine sur un carnet de travail. 
A ce stade, je me fais accompagner par des oeuvres qui comptent pour moi. En écoutant ce que Deauville me disait, sont passés devant mes yeux D¨rer, Kubrick, Spilliaert et Poe. Mélancolie et mystère. 
Puis commence la fabrication des objets, qui tiennent un rôle central dans la prise de vue : qu'ils soient lancés ou qu'ils fassent partie des attributs d'un personnages, ils entrent en relation avec le corps, le décor, la lumière, le temps. 
La photographie perpétuera leur passage à grande vitesse. Arrive le temps de la prise de vue, la lumière, le vent. C'est le hasard qui prend alors la main sur la feuille de route aux scènes numérotées. C'est lui qui a le dernier mot, car il a le pouvoir de déposer sur le capteur la trace d'une symétrie, d'une étrangeté qu'il aurait été vain de désirer. Toute cette organisation pour circonscrire le terrain des jeux du hasard. Pour lui faire place, le laisser façonner des formes inattendues du réel. Un long travail m'attend. Solitaire, enfermée avec les pixels-étoiles de mes fichiers bruts, j'entre dans la vraie nuit des images."