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HENRY ROY

Photographe invité au festival Planche(s) Contact en 2014

© Naïade Plante

Visions deauvillaises

Henry Roy est né à Port-au-Prince à Haïti en 1963 et vit et travaille désormais à Paris. Il aime la couleur, les couleurs douces de fin de journée de printemps ou d’été. Il aime prendre son temps, saisir le moment, une impression et photographier la lenteur. De la banalité la plus simple, il sort une image qui restera dans nos mémoires. Une expérience de "transfiguration du banal" par le récit photographique. Dans le blog qu’il tient au quotidien, il écrit, s’adressant aux jeunes générations : « La photographie est un langage puissant. Chaque photo, même la plus insignifiante, t’adresse un message. Il peut être simpliste et vulgaire, solliciter la partie la plus primitive de ton être et te manipuler sournoisement ».

Henry Roy est un photographe qui respire l'indépendance d'esprit, la sérénité et une extrême douceur. Pour lui l’art de se promener est une quête de liberté, il ne cesse de prendre les photos à la légère. Il regarde chacune d'elles très attentivement, et pose la question de son réel contenu. Demande quel est son but véritable.

Pour le festival Planche(s) Contact, il a suivi le départ des marins de la Solitaire du Figaro Eric Bompard cachemire et ses préparatifs entre le 29 mai et 8 juin 2014. Un regard décalé sur un grand événement sportif qui, pour la première fois avait choisi Deauville.

Henry Roy à propos de son exposition Visions deauvillaises
"J'avoue ne pas connaître grand chose à l'univers de la voile, et n'ai rien d'un photographe de sport. En revanche, il m'arrive régulièrement depuis dix dans, de passer mes week-ends, en famille, à Deauville (ville que j'ai beaucoup photographiée). Lorsque l'on m'a proposé de travailler sur le départ de la course du Figaro, j'ai d'abord douté de ma légitimité à couvrir un tel événement. Mais je me suis immédiatement ravisé à l'idée de vivre cette expérience nouvelle, tout en réinterprêtant un environnement familier. Ce travail rend compte d'une flânerie, en marge d'un événement dont n'apparaissent que des fragments. En momant la candeur du profane, j'y ai photographié - comme l'on rêve - ce qui retenait mon attention. Tout regard étant, par nature, singulier, je n'accorde que peu de crédit aux règles et formules acquises gouvernant habituellement la couverture d'un événement. Mon opinion est que la restitution fidèle de sa propre perception d'un instant vécu, sans autre guide qui l'intuition, est la plus authentique façon d'aborder un sujet. Chaque photo, fruit d'une profonde attention, devient alors un signe chargé de son énergie propre, elle-même impliquée dans la restitution d'une sensation, un sentiment, une réminiscence. Elle est à la fois une offrande du hasard, et une émanation essentielle du photographe. Plus que de style, il est question d'un point de vue sur le monde et soi-même, d'une attitude face à l'existence. Une apparition domine mes souvenirs de ce séjour : celle du premier concurrent prenant le large une fois dépassée l'ultime bouée balisant le départ de la course. Accroché à la barre, il salua de sa main libre notre équipage de presse. Son bâteau, incliné dans les vagues, filant vers l'inconnu. J'ai alors fortement ressenti toute l'admiration et le respect que m'inspirent ces grands marins, aventuriers aux tempéramments façonnés par les vents. De cette émotion là, qu'aucune photo ne saurait exprimer, vous ne verrez malheureusement rien. Mais elle reste gravée dans le disque dur de ma mémoire. Et ressurgira sans doute sous une autre forme, en un autre lieu, dans un futur opportun."